Les cachous Lajaunie
Amis des papilles et des petites boîtes jaunes, celles qui claquaient, jadis, dans la poche du veston de papi, l’heure est grave. Très grave.
Le Cachou Lajaunie est en danger.
Ce petit bonbon noir, à la réglisse et aux souvenirs d’enfance, s’est volatilisé, comme la motivation d’un lundi matin.
La production est à l’arrêt, les boîtes sont introuvables, et dans les rues de la ville rose, c’est la désolation.
Mais ne rions pas… enfin si, rions quand même un peu, parce que c’est à la fois tragique et absolument absurde. Comment en est-on arrivé là ? Comment une pastille de 3 mm, qui a survécu à deux guerres mondiales, aux années 80 et à la mode sans-sucre, a-t-elle pu être vaincue par l’indifférence contemporaine ?
Et pourtant ! Ce bonbon, mes amis, ce n’est pas juste un bonbon, c’est une légende, un Pokémon de la confiserie française. Il soigne l’haleine, renforce les dents (ou les arrache, selon l’âge). Je me souviens, je pouvais même m’en servir de monnaie d’échange à la récré.
Et que dire de cette pub culte avec son refrain mythique : « Cachou, Cachou Lajaunie, Lajaunie, han, han ! » – une mélodie qui résonne encore dans nos têtes comme un sortilège légèrement piquant et collant.Aujourd’hui, des milliers de personnes signent une pétition pour la sauvegarde de cette perle noire. C’est dire l’émotion ! D’ailleurs, je n’avais pas vu un tel élan populaire depuis que les Français apprenaient qu’il n’y aurait plus de moutarde en 2022.
Alors quoi ? On va laisser crever le Cachou dans l’indifférence générale, pendant qu’on importe des bonbons chimiques aux goûts fluorescents venus de contrées barbares et méconnues ? Jamais ! Il faut agir. Il faut hurler à la face du monde : « Rendez-nous nos boîtes jaunes, nos haleines fraîches et rendons la fierté à nos amis toulousains ! »
Et si vous pensez que c’est juste une sucrerie désuète, demandez à tonton Jeannot, grand adepte du produit, ce que ça représente pour lui. Il vous dira, dans son patois : « Lo Cachou Lajaunie ? Es pas un bonbón, es una institucion nacionala. Coumo lo cassoulet o los impòsts ! ». Alors, debout les nostalgiques, les amoureux du patrimoine sucré !
Un bonbon peut-il changer le monde ? certainement pas. Mais il peut déjà sauver notre moral et nos souvenirs.
Et ça, ce n’est pas rien… Han, han !
RP



