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Louis Auguste Alexis de Peyre

Louis Auguste Alexis de Peyre, le député-maire limouxin qui « n’avait pas inventé la Blanquette »

On a dit de lui, avec dérision, qu’il « n’avait pas inventé la Blanquette » et pourtant son domaine de Flandry sert de nos jours à la promotion de ce vin. Le 13 février 1869 décédait l’ancien maire de Limoux Louis Auguste Alexis de Peyre.

Le 13 février 1869, mourrait à Limoux, dans sa maison rue du Palais (1797-1869). Avocat au barreau de Limoux, il est nommé maire de Limoux en août 1830 et occupe cette fonction jusqu’en 1845. 

La postérité, surtout celle relayée par ces ennemis politiques, fut très sévère à son égard. Il est surtout connu aujourd’hui dans notre ville pour être l’ancien propriétaire du domaine de Flandry et celui qui a transformé l’ancienne métairie en château d’agrément.

Au cours de son mandat à la tête de la ville, Peyre s’intéresse surtout à la transformation de l’espace urbain et amorce les opérations foncières qui vont mener à la création de la nouvelle place du Marché (l’actuelle Place du Général Leclerc). Le grand moment de sa carrière politique limouxine fut sans aucun doute l’accueil dans notre ville le 14 septembre 1839 du duc Ferdinand-Philippe d’Orléans, fils aîné du roi Louis-Philippe et héritier du trône entre 1830 et 1842. Pour l’occasion, Peyre fait accomplir, sans compter, plusieurs grands travaux : la construction d’un remarquable arc de triomphe à l’entrée de la ville, au Pont de France, pour accueillir la délégation princière, la démolition de l’ancienne porte fortifiée du Pont Vieux (pour ne pas gêner le cortège à sa sortie de la ville) et surtout une nouvelle décoration de l’Hôtel de Ville. Le duc et la duchesse y furent reçus avec tous les honneurs dans une salle du conseil voulue somptueuse : les plafonds et le carrelage avaient été refaits, de nouvelles tapisseries tendues ; le buste du roi avait été restauré, les boiseries dorées. Pour trois cents francs, on y avait peint l’écusson et les armes royales et décoré tout l’immeuble des couleurs nationales.

Conseiller général de l’Aude, il est élu député le 1er mars 1832 après un échec en 1831. Il siège au centre et soutient sans faille la monarchie de Juillet. Réélu jusqu’en 1848, il quitte ensuite la vie politique. Sa nomination comme conseiller référendaire de 2ème classe de la Cour des comptes le 12 décembre 1844 pour fidélité au gouvernement lui attire les railleries des opposants au régime de Louis Philippe : « Mr Peyre fut maire de Limoux, il est député de Limoux, il n’a point inventé la blanquette de Limoux ; il n’a rien inventé. Comment un pays qui produit les liqueurs mousseuses a-t-il engendré quelque chose d’aussi obtus ? La nature est pleine de contrastes. Cependant, comme il fallait bien trouver à placer un si fidèle ministériel, on l’a jeté à la Cour des comptes en qualité de référendaire. Qu’y fait-il ? Qu’y peut-il y faire ? Vous êtes trop curieux. Il est placé. Limoux n’en est pas moins une assez jolie petite ville ».

Ou encore : « Extrait de la conversation d’un malin du département de l’Aude avec l’illustre centrier susnommé : - Monsieur, vous êtes Peyre ? – Oui, c’est mon nom. – Et maire ? – Oui, c’est ma qualité de magistrat municipal. – Alors, monsieur, vous êtes père et mère. – Ah ! Farceur ! Sous la Restauration, M. Peyre, carbonaro forcené, était d’une énergie révolutionnaire à faire sauter le bouchon ; aujourd’hui, il est tombé dans un ministérialisme tellement fade et doucereux, qu’on ne peut lui donner qu’un nom, en faisant allusion à la ville qui l’a envoyé à la Chambre, et ce nom est celui de Blanquette de Limoux ».

Ces critiques, aussi dures soient-elles, montrent combien la blanquette avait, au tournant des années 1840, enfin réussi à s’exporter sur le marché parisien, peut-être bien mieux que M. de Peyre ! Au moins contribua-t-il à son corps défendant à la rendre célèbre dans les milieux politiques de la capitale.

Détail amusant, en 1985, le château de celui dont on disait de son vivant qu’il « n’avait pas inventé la blanquette », Flandry, est acheté par la Cave coopérative de Blanquette Sieur d’Arques et sert depuis à la promotion des vins du Limouxin ! Voilà sans doute la plus belle des revanches mémorielles pour un homme que ces ennemis politiques à Paris n’hésitaient pas à surnommer avec dérision « Blanquette de Limoux ».

Louis Auguste Alexis de Peyre est enterré au cimetière de la ville. Sa tombe, discrète, se désagrège de jour en jour.

 

© Charles Peytavie

 

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