Le réveillon ou repas nocturne
Par Daniel Audouy, professeur d’histoire à la retraite et fidèle lecteur de notre journal.
Pendant la Renaissance ce repas (media-noche) est pris dans la nuit après une soirée très festive à la cour.
C’est à la moitié du 18ème siècle qu’il sera associé à Noël. Une fois l’an, avant de se rendre à l’office, les familles prenaient un repas maigre et très léger ; puis au retour de la messe de minuit, un repas gras et très copieux.
Deux plats traditionnels
La dinde : poule d’inde ramenée en 1570 par les navigateurs espagnols d’Amérique, le roi Charles VII la fit servir au repas de Noël et Charles IX à son banquet de mariage avec Elisabeth d’Autriche. L’oie, mets traditionnel, fut donc détronée, d’autant que les celtes l’interdisaient car messagère de l’autre monde.
La bûche : tradition celte où le plus jeune enfant de la famille devait choisir la bûche la plus belle, la mère l’enrubannait et l’arrosait d’eau de vie. Placée dans l’âtre sur des charbons de la saint Jean on y mettait le feu. Cette bûche devait durer toute la nuit symbolisant la lumière solaire qui renaissait car invincible, et bien sur apportait de la chaleur dans la maison.
Cette bûche a donné l’idée à 2 pâtissiers d’en faire un dessert certains disent que c’est un Parisien pour d’autres un lyonnais au XIXème siècle. Ce qui est certain c’est que le glacier Pierre Lacan en a servi au Prince de Monaco Charles III.
Depuis la fin de la deuxième guerre elle est incontournable et fort appréciée, se déclinant dans tous les parfums possibles.
Il faut savoir qu’au début du XXème en Bretagne certains hommes d’église critiquèrent ce réveillon devenu trop laïque, oubliant la naissance de l’enfant Jésus, n’étant que ripailles et beuveries .



