Créer des mares… Une jolie manière de lutter contre les moustiques
Sais-tu qu’au Pays basque, à rebours des idées reçues, la lutte contre les moustiques passe par une réponse aussi simple qu'élégante ? Réintroduire des mares pour restaurer des écosystèmes capables de réguler naturellement une partie de ces insectes nuisibles et pénibles.
Mais non, Roger, arrête ! Une mare n'est pas forcément une usine à moustiques.
Figure-toi qu'en asséchant tous les points d'eau, on fait aussi disparaître les prédateurs naturels des moustiques.
Au Pays basque… comme quoi on peut être basque, mais pas con. Allusion à la célèbre expression des années 70 : « T'es con ou t'es basque ? » Souviens-toi ! Quand on construisait des cabanes dans lesquelles on fumait, en cachette, des P4 à 18 centimes le paquet et des « Boyards » qui nous faisaient pas mal tousser… ou bien des « Ariels », quand on avait un peu plus de sous… Ah ! Grand souvenir d’une enfance heureuse…
Eh bien, tu vois, là-bas, certains préfèrent lever le pied sur la guerre chimique contre les moustiques pour miser sur une alliance stratégique avec de petits dragons. Oui, des dragons. Enfin, presque : des libellules. Et du côté de Bidart, on a trouvé mieux que la tapette électrique : des mares. Des vraies. Avec de la vase, des plantes, des bestioles et tout un petit monde qui bosse efficacement… et gratuitement.
Car le véritable problème ne réside pas tant dans la présence d'eau que dans son manque d'équilibre. Pendant qu'on vide consciencieusement le moindre fossé, le moustique tigre, lui, s'installe tranquillement dans une soucoupe sous un pot de fleurs, une gouttière bouchée ou un vieux seau oublié au fond du jardin. Merci qui ? Merci nous.
La bonne idée, Roger, c'est donc de remettre du vivant là où on l'a fait disparaître. Les larves de libellules se régalent des larves de moustiques, tandis que les adultes attrapent les moustiques en plein vol. Un peu comme toi quand tu t’attaques aux chips et aux cacahuètes posées sur la table, à l’heure de l’apéro. Des grenouilles s'installent, des tritons reviennent, des oiseaux passent boire un coup… et toute cette petite biodiversité contribue à remettre un peu d'ordre dans le buffet à moustiques. Une sorte de colocation sauvage, mais diablement efficace.
Bon, attention, mon petit Roger : ce n'est pas non plus « tu creuses un trou et la magie opère ». Une mare, ça se conçoit et ça s'entretient un minimum. Sans équilibre écologique, les moustiques reprennent la main et te font ta fête en mode MMS. Non, Roger, pas en bonbons M&M’s ! En MMS, c'est-à-dire matin, midi et soir. En revanche, bien végétalisée et riche en prédateurs, elle devient un allié précieux, bien plus sympa qu’un spray chimique.
Cerise sur le gâteau : tes enfants hallucineront devant les libellules qui quittent leur peau de larve comme de véritables super-héros, et toi, tu redécouvriras, gros bêta que tu es, qu'il existe autre chose que le béton et les pavés. Une mare ne fait pas que limiter les moustiques : elle ramène aussi un peu de vie dans ton jardin en attirant, par exemple, tous types d’oiseaux venant s’abreuver.
Conclusion ? Pour lutter contre les moustiques, inutile de sortir systématiquement l'artillerie lourde. Parfois, il suffit de laisser la nature reprendre une partie du travail… et d'inviter quelques petits dragons à dîner.
Alors, Roger, convaincu que les libellules sont parmi les meilleures alliées contre les moustiques ? Ou toujours pas ?
RP

