Une fois qu'ils ont percé, de nombreux « influenceurs » (bon, personnellement, ils ne m’influencent guère) choisissent, en général, Dubaï comme nouveau lieu de résidence. Deux arguments reviennent généralement dans leur bouche pour justifier leur choix : la sécurité et les avantages fiscaux.
En Espagne, ces soi-disant influenceurs vont parfois moins loin.
En effet, la principauté d’Andorre offre également des avantages fiscaux à ses résidents. Là-bas, dans ce petit paradis perché dans les Pyrénées, ces énergumènes modernes découvrent brusquement qu’ils adorent la montagne, le calme… et surtout les impôts miniatures. Une vocation alpine totalement désintéressée, bien entendu.
Mais voilà que le château de cartes en filtre Instagram vacille. Dernièrement, une d’entre elles, installée en Andorre, s’est offert une opération d’augmentation des fesses. Jusque-là, tout va bien, à chacun ses hobbies. Certains font du tricot, d’autres gonflent leur capital fessier. Le problème, c’est que l’opération a mal tourné. Et là, miracle de la géographie : quand l’implant commence à faire des siennes, la frontière espagnole redevient soudain très proche.
Quand il faut payer l’impôt, hop ! Direction l’Andorre.
Mais quand il faut, en urgence, un hôpital public, re-hop ! Retour express vers l’Espagne, gyrophare imaginaire allumé, façon : « Hola amigos contribuables ! Vous avez gardé un lit pour moi ? ».
Ah ! Que c’est beau, cette Europe sans frontières.
L’argent monte au paradis fiscal, les complications redescendent vers la Sécu.
Du coup, les internautes espagnols, eux, sont légèrement agacés et outrés. Étrange, non ? Eh oui, ils avaient cette mauvaise habitude de penser que le système de santé n’est financé que… par des gens qui paient leurs impôts dans le pays. Quelle lubie collectiviste ! Pendant que certains trimballent leurs anneaux gastriques et leurs fesses XXL entre deux pays, selon les avantages du moment, les contribuables, eux, regardent le spectacle avec l’enthousiasme d’une dinde la veille de Noël.
Le plus fascinant reste cette logique de l’influenceur moderne :
« Je quitte mon pays parce qu’il me taxe trop… mais je reviens dès qu’il faut profiter des services publics ».
Et ces gens vous expliqueront ensuite, en story Instagram et depuis un jacuzzi avec vue sur les montagnes, qu’ils sont des « auto-entrepreneurs incompris ». Oui Gérard, incompris… comme le type qui évite le restaurant mais qui revient pour le dessert gratuit.
Finalement, cette histoire résume parfaitement notre époque : des fortunes construites sur des selfies, des exils fiscaux vendus comme des quêtes spirituelles et des drames médicaux transformés en contenu sponsorisable.
Et du coup, toi et moi, Gérard, vivons vraiment dans ce monde incroyable… où même les implants fessiers ont une stratégie d’optimisation fiscale.
On vit, décidément, une époque formidable !
RP


