La Grande Dictée dévoilée
Voici le texte de la dictée proposée samedi dernier, lors de la journée des Arts Graphiques au musée de l'imprimerie de Limoux :
QUAND MARIE FAIT PETIET
« Il serait bien malheureux qu'après avoir été reçue en 1877, elle ne le fût pas cette année où toute la province ira à Paris » : voici comment s'exprime Léopold le père, qui tâta également de l'art pictural, à propos de Marie.
Et c'est ainsi que, sous son œil bienveillant et initiateur, la carrière de fifille se profile et semble seoir à tous deux. Dans les vieilles rues limouxines, on imagine aisément la frêle silhouette de Marie sous son ombrelle. Elle erre à ses heures dans l'aire de ses sujets.
De son œil affûté, elle repère les blanchisseuses qui figureront dans son célèbre tableau, reflétant le piquant des physionomies autant que sa consciencieuse habileté d'exécution.
Subséquemment, « La marchande d'oranges » n'échappe pas à l'acuité de son regard : Marie Petiet excelle dans ces scènes ordinaires, et son « Repos du modèle », un de ses rares nus, parvient à évoquer aussi bien la lassitude que la lascivité du sujet. Même si, dans les camaïeux et les teintes fauves, dans les tons cuisse de nymphe émue ou non, les repentirs de « Marie Madeleine » témoignent de sa difficulté à travailler le nu. « Mignon convalescente », « Pour les cholériques », « Les plumeuses d'oies », sont autant d'œuvres mentionnées qui, un brin traditionalistes, suscitent l'appétit d'en voir et savoir davantage.
Et qui sait si, parmi les têtes studieuses penchées à cette heure sur leurs copies, ne se trouve pas une aïeule ignorée de Marie... Limouxines, Limouxins, ayez Petiet dans vos foyers, dans vos cuisines, sur vos cimaises ! ».
C'est le 17/20 d'une dame de 84 ans qui a été la meilleure note suivi du 16/20 d'une jeune étudiante et celui d'une célèbre professeure de math à la retraite de notre cité ! Excellentes performances quand on constate que la moyenne de « la classe » a été de 5,5/20 !



